06 Apr 2016, 20:20


Mieux vaut mourir en homme de bien, que vivre en homme de mal.
Rey Prayer & son père
Jour 1
Après avoir eu une longue conversation avec mon amie, j'étais plus que décidée à retourner auprès de Thaor. Je ne pouvais pas imaginer rester ici, dans cette colonie lorsqu'il ne me restait plus rien à quoi tenir. J'aime cet endroit pour y avoir fait de merveilleuses rencontres, j'aime cet endroit qui m'a donné une amie que je considère comme une sœur et qui m'a montré que je n'avais jamais rien perdu aux côtés de mon géniteur. Cet homme est foncièrement mauvais, c'est un ivrogne, abusant des plus faibles et des femmes. Comment et pourquoi rester ici sans n'avoir plus aucune envie et sans me réveiller chaque matin meurtri par ma situation ? Je ne peux plus renier celle que je suis, celle qui aspire à la liberté et la passion.
Je passe par ma petite maisonnette et je prends quelques affaires. Les vêtements que Thaor m'a donné sont secs et il ne me reste que quelques petits détails à régler. J'entasse des souvenirs, des vêtements et quelques produits pour mes armes. Je fourgue le tout dans mon sac et je le referme. Me voilà fin prête pour l'aventure et je ne laisse que des choses inutiles ici. Fort heureusement, les chiens seront protégés par ma petite voisine.
Je m'apprête à quitter les lieux lorsque des bruits de pas me parviennent. Comment puis-je les entendre de si loin ? Cet effet secondaire du sérum n'est toujours passé. Je sourcille, je cache mon sac sous la table et je dégaine mon arme. Je m'approche discrètement de la porte lorsque je perçois un souffle, une voix, un murmure.
Laisse moi te montrer qui je suis, petite garce.
J'ai un mouvement de recule en reconnaissant la voix de mon géniteur. Je fais marche arrière et je m'écarte de la porte lorsqu'il vient taper à celle-ci. Je me cache juste en-dessous de la fenêtre, sous la table. Je ne sais pas ce qu'il veut, mais ce n'est pas le moment pour être un père. Je reste silencieuse jusqu'à ce qu'il se décide à partir. Néanmoins, je l'entends courir vers ma maison et je serre les dents. L'instant d'après, la fenêtre juste au-dessus de ma tête virevolte en éclat.
Je reste cachée sous la table alors que je vois ses chaussures. Il marche, il me cherche, grommelle. Il titube, comme s'il avait encore et toujours trop bu. Je reste planquée sous la table jusqu'à ce qu'il en devienne fou. Il monte à l'étage et j'en profite pour prendre mon sac et m'enfuir.
Je quitte la maison en courant mais tout à coup, un poids s'abat sur mes épaules, sur mon crâne et sur tout mon corps. Mon père n'était pas venu ici et il est accompagné des plus gros crétins de la colonie.
Je perds connaissance l'instant d'après.
Jour 2
J'ouvre difficilement les yeux alors que mes mains et mes pieds sont fermement ligotés à un arbre. Je m'agite dans tous les sens mais il n'y a rien à faire, je suis solidement attachée. Devant moi se trouve un bûcher où réside mon pauvre sac et tous mes objets brûlés. La lettre de ma mère, les vêtements de Thaor, les souvenirs de mon passé.
Je m'agite et je tente de m'arracher aux liens qui m'entravent mais c'est peine perdue. Tout à coup, mon géniteur sort de nul part, munit d'une arme à feu et d'une barre de fer. Je le foudroie du regard alors qu'il me crache dessus.
Tu pensais pouvoir t'en aller ? Tu pensais pouvoir partir sans dire merci après tout ce que ce village a fait pour toi ? Sale pute !
Un coup s'abat violemment sur mon bras et il ne m'a pas manqué. La barre de fer a littéralement fracassé mon bras et j'ai l'impression que mes os ne sont pas prêt de s'en remettre. J'implore à mon âme de ne pas crier.
Je ne vous dois rien, je crache. Vous n'êtes qu'un ivrogne violant tout ce qui passe et prétendant être le leader de la colonie. Allez vous faire foutre.
Un nouveau coup s’abat mais cette fois sur ma jambe. Manque de chance pour lui, ce n'est pas celle qui me fait souffrir. Manque de chance pour moi, je risque d'avoir mal à plusieurs endroits, si je m'en sors vivante.
Je sais qui tu es, sale garce. Ne crois pas que je n'ai pas vu comment tu me regardais. Tu as les mêmes yeux que te salope de mère.
Je me déchaine telle une lionne. Je vais le tuer.
Combien en ai-je mis en cloque ? explose-t-il hilare. Des centaines, je ne les compte même plus, mais toi, toi tu es différente. Je ne compte pas te laisser partir.
Mes os me font mal mais la peur que ce type me fasse du mal est plus grande. Je suis terrifiée mais je le montrerai pas. Je le regarde avec la plus grande méprise que je puisse avoir pour lui. Il sait que je suis sa fille mais il n'a aucune idée de ce que je suis, de ce qu'il a engendré.
Mon géniteur, ce monstre, s'agenouille devant moi et prend mon visage entre ses mains. Il lèche ma joue et j'en ai des frissons tellement il me répugne. J'ai envie de vomir tout ce que j'ai dans mon estomac, j'ai envie de le frapper et le battre à mort. Mon arme est toujours dans ma poche arrière.
Je vais te donner un jour ou deux pour réfléchir à ton départ. Si tu fais le bon choix, je ne te tuerai pas. Dans le cas inverse, ta dépouille finira avec ton sac.
Il me frappe à nouveau mais je dévie son attaque. Il en rit et me gifle. Je meurs d'envie de perdre connaissance mais ça n'arrive pas et tout ce que je peux voir, c'est qu'il s'en va et me laisse dans cette froide forêt, attachée et peu habillée.

Rey

Prayer

