02 Apr 2016, 00:07


Une rencontre inattendue.
Avec Thaor Thorvald
Je souris à Thaor lorsque je le vois sourire, rire. Il est tout ce qu'il y a de plus humain et ça ne peut que me faire sourire. Je le regarde durant un long moment sans compter le temps que cela me prend jusqu'au moment où il me propose de rester avec lui, à ses côtés. Je fais la moue et et je souris, gênée.
Tu choisis d'emporter avec toi la seule personne qui traverse une vitre en pleine montagne et qui trouve le moyen de se fracasser dans du verre et de ne pas supporter de rester assise. Tu dois aimer les défis, Thaor. Un peu de masochisme, peut-être ?
Je m'allonge à nouveau sur le lit, les yeux rivés sur le plafond et je pousse un soupir. J'aimerais pouvoir voyager, aller de part et d'autres du monde mais ma présence est si dangereuse que je n'oserais pas l'imposer à Thaor. Pourtant, je meurs d'envie d'avoir un partenaire aussi solitaire que moi. Je suis tiraillée entre ce dont j'ai peur et ce dont j'ai envie. Thaor est un peu comme moi, au masculin.
Je me tourne sur le côté et je regarde Thaor.
Où irons-nous ? Tu as du voir des centaines de choses, comme la mer, les rocheuses, les forêts aussi denses que les montagnes d'ici. Moi, je rêve de m'allonger et de respirer l'air marin, un air si doux, si salé et si solitaire. Un air qui me donnerait l'impression d'être libre comme l'air, libre comme les étoiles.
J'observe du coin de l'oeil les outils qui servent à Thaor pour examiner mon sang. Et si les Anges m'attrapaient ? Et s'ils me gardaient avec eux ? J'ai pris l'habitude de voyager seule pour ne jamais pouvoir me faire attraper mais si Thaor est encore en vie, c'est qu'il n'est pas aussi stupide que mes anciens compagnons de voyage.
Rien ne te manque dans le fait de ne pas être mortel ?
La question qui me brûlait les lèvres s'est échappée bêtement avant que je ne puisse la contrôler. Je baisse les yeux et je me maudis de ne pas savoir tenir ma langue.
J'ai personnellement passé seulement ma vie entière à fuir et il m'a manqué tellement de choses. Un endroit où j'aurais une famille, un endroit où l'on penserait à moi, où l'on m'attendrait et non pour mes gênes.
Je me laisse à nouveau tomber sur le dos et je reste silencieuse.

Rey

Prayer

