29 Mar 2016, 23:27


Une rencontre inattendue.
Avec Thaor Thorvald
Mon arme braquée droit devant moi, j'entrevois une silhouette qui se faufile jusqu'à moi, lentement, doucement, mais sûrement, tel un lion ayant repéré sa proie. Je le vois, grand, brun, mais je suis incapable de lui donner un âge. Entre 30 et 40, peut-être, peut-être moins peut-être plus, le froid et ma respiration me cachent la vue.
Il s'adresse à moi pour la première fois et je continue de le dévisager. Mes mains tremblent autour de l'arme, congelés par le froid et par le fait que j'ai perdu mes gants dans la chute. Je regarde tout autour de moi comme pour vérifier que je ne suis pas tombée dans le repère d'une secte et qu'il est bien seul. En tant qu'hybride, je me méfie à chaque instant de qui pourrait m'enlever puisque je suis, malheureusement, extrêmement rare.
Il me parle à moi et m'évoque son laboratoire, un laboratoire, vraiment ? Je me raidis à l'idée d'y être trainée, à l'idée d'être confrontée à un fou de l'expérience mais soit, la douleur dans ma jambe devient de plus en plus insistante.
J'abaisse enfin mon arme et je pousse un long soupir. Je la range dans ma poche arrière et je le toise durant de longues secondes, hésitant entre prendre mes affaires et partir en courant ou accepter sa proposition, sachant que je ne pourrais pas courir longtemps ni même m'évader. Plus les minutes passent, plus ma plaie semble s'infecter.
D'accord.
Ma voix fait écho dans ce vieux centre abandonné. Je prends mon sac et je jette de la neige sur le feu que j'ai formé. Je me tourne face à l'homme toujours debout devant moi et je marche timidement jusqu'à lui. Je grimace à la douleur et voyant que je n'arrive pas à avancer plus, je me tourne face à un vieux débris trainant par là. Je le ramasse et je le tords avant de m'en servir comme une canne. Je serre d'avantage le bandage improvisé avec un bout de tissu autour de ma jambe. Je n'aime pas être affaibli et surtout devant quelqu'un que je ne connais pas et dont je me méfie profondément.
Une fois à la hauteur de l'homme, je m'arrête face à lui et je le toise. J'enlève ma capuche afin d'éviter d'être confondue avec un sauvage profitant de la proposition de cet homme. Je reste néanmoins sur mes gardes.
Comment faites-vous pour vivre ici, seul et dans le froid ?
Je m'avance d'un pas de plus mais la douleur si vive dans ma jambe m'oblige à marquer une pause plus longue. Je ravale la douleur et je jette un regard sur les hauteurs, là d'où je suis tombée. J'ai eu plus de chance qu'il n'y paraît de ne pas en être morte mais il est vrai que mes os sont plus solides que ceux des humains.
Je me tourne à nouveau face à l'homme et je l'interroge du regard.

Rey

Prayer

