

Rey gambadait sur les abords de la forêt, nous commencions à avancer, il y avait encore des blocs de glace, mais avec ce soleil ils étaient très instables.
Nous avancions en direction d'une crevasse qui chaque année était recouverte d'un épais bloc de glace grâce à la cascade qui s'y écoulait. On pouvait passer à l'époque dessus, si ce bloc se forme toujours il serait dangereux d'y passer avec l'arrivée future du printemps et ce soleil.
J'observais la cime des arbres, pour repérer la présence d'oiseaux, ou de petits animaux comme des écureuils, mais à cette saison ils hibernent, difficile de les voir. Nous continuions d'avancer dans cette forêt, on y voyait les premiers bourgeons au début des branches, Rey me montrait ce qu'elle faisait quand elle vivait en forêt avant de me rencontrer.
On continuait d'avancer et de profiter de l'air frai de la saison et du paysage.
Nous arrivions non loin de la zone, Rey était toujours devant moi, elle partait dans un sens, dans un autre et ne cessait de me montrer des choses. Arrivé au niveau de la crevasse, le bloc était bien présent mais très transparent. Rey voulait absolument passer par-dessus, elle commença à avancer sans se douter un moindre instant du risque qu'elle prenait dessus, je me mettais à courir vers elle très rapidement. Un énorme bruit de craquement se fit entendre, mon cœur battait très rapidement.
Lorsqu'elle commençait à traverser la paroi qui s'était brisée sous ses pieds, je l’attrapais et la tirais d'un coup sec vers moi. Je tombais en arrière au sol et Rey tomba sur moi. Je venais une nouvelle fois de la sauver. Mon cœur ne s'arrêtait plus de battre, j'étais essoufflé et Rey semblait paralysée de peur.
J'avais du mal à respirer à cause de cette rapide course pour rattraper Rey avant qu'elle ne se tue en tombant dans la crevasse. Avec le début du printemps, il est impossible de marcher au-dessus du vide sur des morceaux d'iceberg sans que ceux-ci ne s’effondrent. J'entourais Rey de mes bras, j'avais besoin d'une consolation et de lui témoigner ma peur, elle ressentait mieux que moi ma peau, mes poux, mes battements de cœur, elle pouvait donc sentir mon niveau de stress à ce moment précis, alors que j'avais failli la perdre. Je la serrais fort dans mes bras et la regardais.



